Une prime d’activité jeunes (moins de 25 ans) arrive au 1er janvier 2016. Mais est-ce de l’assistanat ? Les avis divergent entre droite et gauche. Vos réactions, critiques sur cette nouvelle allocation CAF pour les jeunes.

Avis et critiques prime jeunes 2016 par Hollande ? / Photo Pole emploi

Avis et critiques prime jeunes 2016 par Hollande ? / Photo Pole emploi


La prime d’activité 2016 pour les jeunes fait réagir à droite et à gauche : le président a décidé de reconquérir l’électorat des jeunes. Du coup il a décidé d’aller dans Le Supplément le 19 avril sur Canal + pendant 2h où de nombreuses annonces pour les jeunes sont attendues. Tout le monde a son avis, et si à gauche les réactions sont favorables, à droit il n’en est évidemment pas de même.
Martin Hirsch, créateur du RSA cité par le JDD, a un argument assez imparable : « Prenez deux jeunes, de 24 et 26 ans, qui font le même travail au smic à temps partiel. Il n’y a aucune raison qu’ils n’aient pas le même revenu » (en effet celui de 26 ans dispose aujourd’hui du RSA Activité, celui de 24 ans non). Une affirmation tout à fait logique. Et il ajoute que de toutes façons, les emplois précaires sont là. Et il est contre le fait d’exiger un travail sans salaire, de peur que ça ne prenne la place d’emplois actuellement salariés. Et il incite pour finir à participer à une réserve citoyenne : « Au lieu d’opposer les pauvres entre eux, on inciterait tout le monde à contribuer à une société plus solidaire ».

Evidemment, en face, les avis ne sont pas les mêmes. C’est Hervé Mariton qui a été interviewé, et qui commence… par être d’accord avec la première phrase de Martin Hirsch. Le RSA Activité doit être ouvert à tous. Mais il est contre une extension générale du RSA, pour ne pas « entrer dans la société par l’assistanat« . Il insiste sur ce mot, expliquant que « malheureusement il y a dans notre pays une culture de l’assistanat ». Pour lui, c’est simple : les allocataires du RSA reçoivent des prestations, mais ne donnent pas de contreparties. Et c’est quelque chose qu’il veut changer dès à présent, suite aux élections départementales.

Pour terminer, c’est la directrice de la fondation Ifrap, Agnès Verdier-Molinié, qui s’exprime. Et elle est contre la prime d’activité moins de 25 ans : pour elle, « Avec ce dispositif on fait entrer les jeunes dans une logique d’aide sociale dès leur premier emploi. C’est une philosophie regrettable ». Et elle explique que si les apprentis et les étudiants sont concernés par la prime d’activité jeunes, le coût va être très important. En plus, « Il y a au total 103 aides sociales dans notre pays », ce qui peut créer des injustices importantes si on les empile. Pour elle, la solution est ailleurs, pour lutter contre le chômage : réduire les charges pour les jeunes, les encourage à la création d’entreprise…

La prime d’activité des jeunes de moins de 25 ans n’a donc pas fini de faire débat, mais il se passera du temps avant que les effets concrets soient mesurables. Pour vous, est-ce une bonne chose que les jeunes entrant dans la vie active puissent être soutenus par l’état ?